Le milieu physique

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 Situation géographique

Thoras est située au sud de l'actuel département de la Haute-Loire, dans les derniers contreforts méridionaux du massif de la Margeride.

La commune actuelle de Thoras est limitrophe, au nord, de celles de Croisances, Vazeilles-près-Saugues et Esplantas, respectivement d'est en ouest, puis touche l'extrémité sud-est de celle de Grèzes ; elle est bordée sur tout son côté ouest par celle de Chanaleilles. Elle touche au sud celle de Saint-Paul-le-Froid et à l'Est celle de Saint-Symphorien, toutes deux du département de la Lozère.

La superficie de la commune est de 3756 hectares (chiffre de 1992) ; en 1823, elle était de 4880 arpents métriques.

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 Relief et nature des sols

La Margeride est un plateau granitique ancien qui s'étire du nord-ouest vers le sud-est, et qui est en pente vers l'est. Elle culmine en son centre au mont Mouchet (1465 m.) à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Thoras. A l'ouest, elle domine par une faille très érodée la région de Saint-Flour et la partie orientale du Cantal. A l'est, elle descend irrégulièrement vers le bassin de Saugues et s'arrête au pied des hauteurs qui dominent les gorges de l'Allier.
Le massif est élevé : le village de Thoras est à 1050 m., qui est aussi l'altitude moyenne de la commune. Les plateaux alentours atteignent 1250 m.

L'homogénéité du massif est marquée par l'omniprésence d'un  granit porphyrique à grains irréguliers, de couleur dominante sombre et à gros grains de feldspath, appelé granit de la Margeride. Contrairement à ce que l'on observe à l'est de Saugues dans les gorges de l'Allier et de la Loire, le massif ne comprend aucun terrain basaltique.

Les sommets, érodés par des millénaires d'intempéries, découvrent des chaos de gros blocs granitiques. Tant par leur altitude que par leur aspect impénétrable, ces ensembles délimitent les aires d'implantation humaine, successions de combes et de collines usées. Ils servent aussi de carrières de pierres pour la construction : les maisons ne dérogent pas à l'hégémonie du granit.

Paysage entre Madrières et Le Crouzet près Chanaleilles. Lande et forêts occupent tous les terrains impropres à la culture parce que trop pauvres ou mal exposés ; ils servent de pâturage.

Le sol des collines et des vallons est tantôt fait de « tanasse » (sable à la texture grossière, résultant de la désagrégation du granit sous l'action du gel, de l'humidité et de l'usure mécanique), tantôt d'un humus lourd et noir, riche en matériaux de décomposition.
Les plus profonds vallons, réceptacles de toutes les matières emportées par les eaux de ruissellement, sont tellement comblés qu'ils ont perdu leur pente. Des ruisseaux aux berges fréquemment marécageuses y serpentent entre les ajoncs, comme s'ils cherchaient l'aval. De même, les petites dépressions accumulent les eaux : la lande s'y fait tourbière, que l'on appelle « sagne » et où hommes et bêtes risquent de s'embourber.

De manière générale, les sols sont acides et pauvres. L'absence de calcaire les prive de chaux, et l'abondance des décompositions végétales renforce leur acidité.

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 Végétation

Les compoix de la fin du XVIIe siècle accordent les deux tiers de la surface aux bois et à la lande, laissés incultes parce que le sol meuble n'y est pas assez épais ou parce que l'exposition est mauvaise.

Les essences sylvestres les plus répandues sont le pin, le bouleau et le hêtre (ou « fayard »). En lisière des zones habitées et en bordure des chemins, on trouve des ormes, des ormeaux, des sorbiers et des frênes. Les chênes restent peu nombreux ; châtaigniers et noyers s'acommodent mal du climat et n'atteignent pas la taille qu'ils ont dans les Cévennes ou en Ardèche.

La lande, ou « ginestière », compte de nombreux genêts comme son nom l'indique. Ils côtoient fougères, cades, bruyères, myrtilles, digitales et graminées qui forment un tapis dense, largement utilisé par les paysans comme pâture de montagne.

La végétation des zones cultivées sera abordée dans la page relative aux activités humaines.

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 Hydrographie

Climat humide, faible écoulement des eaux : bien que son réseau hydrographique soit constitué de rivières de taille et de débit médiocres, le Gévaudan constitue l'un des châteaux d'eau de la France hydrographique. Tout le terroir est sillonné d'étroits ruisseaux, les « razes », soigneusement entretenus dans les terres cultivées mais auxquels on abandonne ailleurs le drainage de sols souvent gorgés d'eau, qui gèlent l'hiver.

Localement, sur Thoras, les « razes » alimentent trois modestes cours d'eau : le ruisseau du Panis, celui du Crouzet et la rivière Thoras. Les deux premiers sont tributaires de la dernière, laquelle se jette dans l'Ance, elle-même affluent de l'Allier. Fait notable, les trois principaux bourgs de la baronnie (Thoras, Le Cheylot et Ventajols) sont installés sur ces cours d'eau.

De nombreuses retenues d'eau artificielles alimentent des moulins qui ne marchent généralement qu'en saison : Montrézon, Le Guespy, Le Moulin de Cheylot et La Coste de Liassat sur le Panis ; Le Crouzet, Taillères, Les Issars sur le Crouzet ; le moulin de Thoras sur la rivière homonyme, juste avant le confluent du Panis, et celui de Babonnès. S'y ajoutent le moulin du Pin (actuellement sur Chanaleilles) et le Moulin de Fortune, près de Donaldès sur la route de Saint-Symphorien, portant à onze le nombre de moulins de la baronnie du XVIIe siècle.

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 Climat

Bien que la Méditerranée ne soit qu'à 150 km, son influence climatique ne se fait pas sentir en Margeride. Les Cévennes, qui barrent la Lozère au sud, arrêtent les entrées d'air méridionales. Ainsi coupée du pouvoir modérateur de l'air maritime, la Margeride est soumise à un climat contrasté.

Les vents dominants, froids, secs et violents, sont de nord-ouest, mais leur prépondérance est à peine marquée. En fait, le vent change souvent de force et de direction, comme en témoigne l'absence quasi complète de moulins à vent sur l'ensemble du plateau de la Margeride – une exception étant le Moulin Provençal de la paroisse de Saint Symphorien.
Ces brusques changements entraînent d'imprévisibles pluies de relief, parfois violentes. En demi-saison, les précipitations deviennent averses de grêle. L'hiver, froidure, vent et humidité se conjuguent pour donner de fortes gelées et pour couvrir le pays de neige.

Selon les statistiques de 1823, Chanaleilles (qui jouxte Thoras à l'ouest) est la commune la plus froide de tout le département de la Haute-Loire. La température y descend parfois en dessous des -20°.

C'est peu dire que ce climat gêne le paysan, qui voit ses cultures exposées à la grêle, au gel, aux pluies tantôt surabondantes, tantôt insuffisantes, à la neige l'hiver. A l'automne et au printemps, les caprices du temps peuvent, sans préavis, compromettre la saison, priver les familles de réserves pour l'hiver, ruiner une année de travail. Et de toutes façons la saison favorable aux moissons est courte.

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 © Christophe Chazot 2003
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