Toccata
et fugue en ré mineur BWV 565
On ne présente plus la Toccata et Fugue en ré mineur BWV 565, de notoriété mondiale. Pour autant, le rôle des grandes pièces d'orgue dans l'office luthérien est largement méconnu : on les classe volontiers dans les « pièces libres pour orgue », comme si elles ne faisaient référence à rien. À l'inverse, certains les considèrent comme des poèmes symphoniques avant l'heure : Pirro n'a t' il pas écrit que la Toccata et Fugue BWV 565 décrivait un orage, suivi d'une éclaircie ?
Rendons à Pierre Vidal d'avoir redressé cette distorsion et d'avoir magistralement démontré que cette pièce, comme ses consœurs « libres pour orgue », est la transcription d'un texte biblique. La fin de la présente page est entièrement redevable à ses travaux (dont les références sont données dans la bibliographie).
L'idée que les grandes œuvres d'orgue de Bach soient des paraphrases des Saintes Écritures peut surprendre : cette pratique s'inscrit pourtant dans la droite continuation des pièces de Buxtehude, Böhm, Bruhns, Hanff, Lübeck, et de tous les représentants du Stylus Phantasticus d'Allemagne du Nord.
Une
génèse obscure
On ne sait pas à quelle époque cette Toccata et Fugue fut composée, mais il est à peu près certain qu'elle vit le jour à Weimar ou même avant : cette pièce maîtresse est une œuvre de jeunesse, remontant aux années antérieures à 1717. L'original de la partition est malheureusement perdu depuis longtemps : la plus ancienne copie connue a appartenu à l'organiste Johann Rinck (1770 - 1846).
Contrairement
à beaucoup de grandes pièces d'orgue de Bach, savantes architectures
patiemment élaborées, développées et conclues, BWV 565
adopte un style très direct, proche de celui de Buxtehude par plusieurs
points : introduction particulièrement percutante, nombreux passages
en solo, transitions non préparées et souvent brutales, frictions
internes, brièveté des différentes sections (la fugue centrale
mise à part).
Ces particularités, la présence de nombreux
soli et l'âge du compositeur au moment où il a écrit
cette pièce ont amené plusieurs musicologues à dire que
cette Toccata était une transcription pour clavier d'une œuvre pour violon.
Notons toutefois que d'autres Toccatas ou Préludes de Bach présentent
des caractères analogues (le BWV 564 par exemple), et que toutes
lesdites particularités ne sont jamais que des reprises au clavier des
techniques d'illustration omniprésentes dans les œuvres vocales – la
difficulté étant que le texte mis en musique est absent de la
partition, dans une pièce d'orgue.
La
rhétorique et la symbolique comme moyens d'analyse
L'impressionnant
travail de Pierre Vidal a consisté à faire l'inverse de l'analyse
habituelle : au lieu de partir du texte et de voir en quoi les formules
musicales s'y accordent, il a identifié dans la partition les différentes
« figures musicales » (changements de rythme, altérations,
cadences, dynamiques, etc.), puis il a mis en correspondance les émotions,
les idées, etc. que Bach traduit habituellement par ces figures et en
a déduit un plan du discours. Enfin, partant de l'hypothèse (difficile
à remettre en cause) que les pièces d'orgue étaient destinées
à être jouées dans une église, il a cherché
les textes bibliques qui suivaient l'enchaînement rhétorique ainsi
reconstitué. Dans le cas qui nous intéresse ici, l'impérieuse
apostrophe sur laquelle s'ouvre la Toccata est manifestement une invocation
de Dieu : elle compte trois notes, répétées trois
fois. Le texte devait donc nécessairement commencer par un appel à
l'Éternel. Cette triple apostrophe est suivi de glissades parallèles
à l'octave : invitation pressante à descendre, figure très
fréquente chez Bach.
D'autres indications ont guidé Pierre Vidal dans
son travail d'érudit : les Toccatas étaient jouées
au début de l'office, elles devaient faire référence à
l'Ancien Testament, puisque l'ordonnancement de la messe luthérienne
prévoit de commencer par la lecture de l'Ancien Testament et de n'évoquer
le Nouveau qu'en deuxième partie.
La conclusion est que la Toccata et fugue en ré mineur BWV 565 transcrit le Psaume 35 « Appel au Seigneur contre les persécuteurs » dont le texte peut être intégralement recopié sous la partition tant il s'y accorde. Fait étonnant qui conforte cette conclusion, tous les Toccatas et fugue, Préludes et fugue, Fantaisies et fugue décortiqués par Pierre Vidal transcrivent des Psaumes de David. Ainsi ces grandes « œuvres libres pour orgue » sont autant de pages d'un psautier protestant transposé à l'orgue.
Mais laissons place…
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Mesures |
( NB : toutes les mesures n'ont pas été reproduites ) |
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verset |
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1-2 |
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Triple, impérieuse et criante apostrophe de trois notes, toutes suivies de silences pour les mettre en exergue, puis de descentes chromatiques parallèles à l'octave : appel pressant à Dieu à descendre sur Terre. |
1 |
Attaque, Seigneur, ceux qui m'attaquent, combats ceux qui me combattent ! |
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2-3 |
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Après un pesant silence, reprise de la toccata sur une tierce mutilée et atrocement dissonante (do dièse / mi) : la guerre est déclarée. Cette brève reprise est résolue en Ré majeur, présage de victoire. |
2 |
Prends rondache et bouclier… |
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3-7 |
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Succession de traits ascendants pour mimer le départ, la mise en route, dans un passage étonnamment animé et scandé. |
2-3 |
… mets-toi en route pour me secourir ! |
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8-10 |
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Mouvement contraire au précédent : malgré les envolées, la ligne générale descend de plus en plus bas : les traits ascendants font reculer quelque chose ou quelqu'un. |
4 |
Qu'ils aient honte et soient confondus, ceux qui en veulent à ma vie, … |
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10-11 |
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Accord dissonant suivi d'une rapide descente, puis d'un léger reflux. |
4 |
… qu'ils reculent et qu'ils soient défaits, ceux qui en veulent à ma vie ! |
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12-15 |
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Rebondissant sans cesse sur la surface créée par la répétition obstinée de l'alto, le motif supérieur monte de moins en moins haut et finit par se perdre. |
5 |
Qu'ils soient comme la balle emportée par le vent, que l'ange du Seigneur les pourchasse ! |
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16-17 |
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Après la fin du motif précédent (aérien, sans répétition du la de l'alto), enchaînement de sixtes descendantes pesamment soulignées par la basse. |
6 |
Que leur chemin soit obscur et glissant… |
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18-19 |
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Relance ascendante en triples croches : la course. |
6 |
… que l'ange du Seigneur les poursuive ! |
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19-20 |
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Répétition du schéma des mesures 16-17. |
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21 |
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Triton surgissant sans préparation, poussée ascendante. |
7 |
Car sans raison ils ont dressé contre moi … |
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22-26 |
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Chute inverse de la poussée précédente, entrelacs serrés des voix supérieures en tierces battues, suppression du sous-bassement qu'est la basse. |
7 |
… leur filet, creusé pour moi une fosse ! |
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27-28 |
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Irruption brutale d'accords massifs, suivie de silences inquiétants : surprise d'une violente et subite contre-attaque. |
8 |
Que vienne sur eux une tourmente qu'ils ne prévoyaient pas … |
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28-29 |
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Dégringolade de la basse sur deux octaves entières, désarticulation sonore du morceau par mélange des mineurs mélodiques et harmoniques : l'ennemi est défait. |
8 |
… que le filet qu'ils ont caché les prenne, que dans la fosse ils tombent ! |
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30-51 |
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Fugue : la joie rayonne dans cette ligne mélodique vagabondant autour d'un pivot obstinément répété. |
9 |
Et mon âme jubilera en l'Éternel, de son salut elle aura allégresse ! |
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52-53 |
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Dernière voix à entrer dans la fugue, la basse entonne le motif principal. Le ténor s'agite de chromatismes et de syncopes, le soprano se retient. |
10 |
Tous les membres de mon corps diront : … |
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54-82 |
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Emportées par le soprano enfin libéré, les voix s'envolent en traits montants, enchaînent de vastes arpèges rayonnants oscillant entre sensible et tonique. Tout le passage est en ré mineur, la gamme de la ferveur. Sa longueur est nécessaire pour effacer le tumulte de la Toccata. |
10 |
… « Seigneur ! qui pourrait t'égaler pour délivrer le faible d'un plus fort que lui, et l'indigent de son spoliateur ? » |
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83-84 |
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Les arpèges glissent vers le grave, la note tenue du motif de la fugue s'écroule : nouvelle menace, qui va emporter la fugue. |
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85 |
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Rapides gammes chromatiques ascendantes, toujours en ré mineur. |
11 |
Des témoins à charge se lèvent… |
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86 |
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Modulation brutale, assombrissement par une descente en ut mineur, rentrée en scène du pédalier qui élargit rapidement un motif divergent. |
11 |
… m'accusent de ce que j'ignore. |
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87-94 |
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Harcelé de trilles et partant en battues désordonnées (tantôt parallèles, tantôt divergentes), le discours s'affole. |
12 |
Ils me rendent le mal pour le bien, ils en veulent à ma vie ! |
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95-96 |
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Errance et retour à la noire ut mineur : désespérance. |
13 |
Et moi, dans leur maladie, je revêtais le sac de pénitence… |
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97-98 |
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Syncopes et chromatismes appuyés : le psalmiste se traîne, s'afflige, s'accable. |
13 |
… j'affligeais mon âme par le jeûne … |
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99-100 |
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Tourments de la ligne mélodique qui cherche son ton : sol mineur, ré majeur, sol, la. La quête du psalmiste devient fébrile, perd sa ligne directrice. |
13 |
… et la prière tournait en mon cœur, |
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101-102 |
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Mouvement en sixte dont l'allant est freiné par le retard de l'alto, s'achevant sur une chute des voix supérieures sans l'appui des voix inférieures. |
14 |
comme pour un ami, comme pour mon frère, je circulais comme en deuil d'une mère, sombre, j'étais courbé. |
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103-104 |
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Répétitions insistantes, altérées et scandées aux voies supérieures, comme des rires. Le ténor chute, s'emboutit sur un la grave dont il peine à se relever. |
15 |
Et de ma chute ils se réjouissent… |
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105-109 |
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Le ténor tient la dominante, tandis que de part et d'autre les voix s'agitent et se rapprochent. |
15 |
… ils s'attroupent, s'attroupent contre moi, ces hypocrites … |
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110 |
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Brusque silence des voix supérieures, solo de basse qui élargit progressivement sa tessiture. |
15 |
… frappant à l'improviste, ils déchirent sans trêve. |
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111-114 |
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Les voix s'excitent, les cadences s'enchaînent, mais des retards, des altérations, des silences et des divergences hachent le discours en une malfaisante agitation. |
16 |
Ils se joignent aux hypocrites et aux railleurs, ils grincent des dents à mon égard. |
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115-119 |
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La basse scande obstinément un ré, le ténor déploie sa solitude inquiète en arpèges chromatiques erratiques. |
17 |
Combien de temps le verras-tu, Seigneur ? Sauve ma vie de leur mêlée hostile, mon seul bien de ces jeunes lions. |
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120-121 |
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Acclamations en sol mineur. |
18 |
Je te célèbrerai dans la grande assemblée, dans un peuple fort je te louerai. |
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122-123 |
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Tourbillons descendants puis gammes ascendantes amenant à la dominante. |
19 |
Fais que de ma perte ces iniques ne se réjouissent pas, que ceux qui me haïssent sans raison ne me raillent pas ! |
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124-125 |
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Amenée par une quarte et une sixte, emphase du thème des mesures 105 et 106. |
20 |
Car ce n'est point de paix qu'ils parlent, ils méditent des plans perfides contre les gens paisibles du pays. |
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126-127 |
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Les quatre voix enchaînent une cadence culminant sur un accord à sept tons de si bémol majeur : clameur soudaine. |
21 |
Contre moi ils ouvrent largement leur gueule, ils clament : « Ah ! Ah ! notre œil a vu ! » |
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127-129 |
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Relance de la toccata. Le psalmiste, seul, enchaîne les appels ascendants vers Dieu et les descentes affligées. |
22-23 |
Seigneur, tu vois tout cela. Ne reste pas
sourd à mes cris, ne m'abandonne pas ! |
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130 |
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La basse tonne de quatre notes, surmontées d'autant d'accords de septième. |
24 |
Réveille-toi, Seigneur, juge-moi selon ta justice. |
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131-132 |
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La basse chute, se désarticule, l'alto conduit par une pique descendante à un accord détonant d'ut majeur. |
25 |
Ne permets pas qu'ils puissent dire : « c'était notre souhait, nous l'avons englouti ! » |
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133-134 |
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Poursuite en ut, comme la première toccata : ut, gamme de l'entreprise décidée, marque partout l'élan néfaste des persécuteurs. |
26 |
Que ceux qui se réjouissent de mon malheur … |
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135 |
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Succession d'altérations hachées de silences laissant entendre la basse, ramenant la tonalité de la mineur, déroutant l'ennemi. |
26 |
… aient honte et soient confondus tous ensemble … |
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136 |
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Brève ascension qui s'arc-boute sur l'accord d'ut majeur : encore la vaine prétention des ennemis. |
26 |
… ceux qui se vantent de me prendre de haut. |
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137-140 |
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Triton explosif, suivi d'envolées joyeuses. |
27 |
Qu'ils crient de joie, qu'ils exultent, ceux qui veulent que justice me soit rendue, qu'ils répètent sans fin « Grand est l'Éternel, qui veut la paix de son serviteur ! » |
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141-143 |
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Massives et simples harmonies sur cadence plagale, s'achevant en molto adagio sur un accord en point d'orgue. |
28 |
Et ma langue redira ta justice et ta gloire, tout le jour. |
© Dover Music pour
la partition (ISBN 0-486-25403-8)
Mis en ligne en août 2003.
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