Cantate BWV 80
Ein feste Burg ist unser Gott

 

Création :

Leipzig, dimanche 31 octobre 1724.

Destination :

Fête de la Réformation

Péricopes :

1. Deuxième Épître aux Thessalonciens II, 3-8 : Exhortation à la fermeté

2. Apocalypse de Jean XIV, 6-8 : l'Évangile demeure immuable ; il vous faut craindre et aimer Dieu.

 

Auteur du livret :

N° 3, 4, 6, 7 : Salomo Franck, 1715

N° 1, 2, 6, 8 : Martin Luther, 1529.

Instrumentation :

Deux hautbois, deux hautbois d'amour, taille de hautbois, trois flûtes, deux violons, alto, violoncelle, contrebasse, orgue et continuo (plus trois trompettes et timbales : voir commentaires).

Voix :

Solistes soprano, alto, ténor, basse

Chœur à quatre voix

Mouvements

1. Choral  « Ein feste Burg ist unser Gott » (chœur, RE)
        Hautbois I & II, taille de hautbois, cordes, violoncelle, contrebasse, orgue obligé (+ trompettes I,II,III, timbales)

2. Aria et choral « Alles, was von Gott geboren / Mit unser Macht ist nichts getan » (soprano, basse, RE)
        Hautbois I, cordes à l’unisson, continuo

3. Récitatif « Erwäge doch, Kind Gottes, die so grosse Liebe » (basse, si – fa #)
        Flûtes I,II,III, continuo

4. Aria « Komm in mein Herzenshaus » (soprano, si)
        Continuo

5. Choral « Und wenn die Welt voll Teufel wär » (chœur, RE)
        (Trompettes I, II & III, timbales) hautbois d’amour I & II, taille de hautbois, cordes, continuo

6. Récitatif « So stehe denn bei Christi blutgefärbten Fahne » (ténor, si - RE)
        Continuo

7. Aria duetto « Wie selig sind doch die, die Gott in Munde tragen » (alto, ténor, SOL)
        Taille de hautbois, violon I, continuo

8. Choral « Das Wort sie sollen lassen stahn » (chœur, RE)
        Continuo.

 

Commentaires

Destination

« Ein feste Burg ist unser Gott » a été jouée le mardi 31 octobre 1724 à Leipzig pour l’anniversaire de la Réformation. C’est en effet le 31 octobre 1517 que Martin Luther avait placardé ses « Quatre-Vingt-Quinze Thèses » sur la porte de l’église du couvent des Augustins de Wittenberg.

En France, la portée de l’événement que constitue ce placardage a été largement exagérée. Loin d’être un appel à la réformation, à la sédition ou à la révolte, les « Quatre-Vingt-Quinze Thèses » se bornaient à annoncer un prêche dénonçant la pratique des indulgences, par laquelle le clergé catholique du XVIe siècle monnayait parfois – et c’était le cas à Wittenberg – le pardon des fautes contre espèces sonnantes et trébuchantes. Toutefois, quelle qu’ait été la portée réelle de l’événement du 31 octobre, cette date reste fêtée par les églises issues de la Réforme comme l’anniversaire de l’acte fondateur de leur démarche. La messe donnée à cette occasion a permis au cantor de Saint-Thomas de composer au moins deux (et peut-être trois) cantates :

Contrastant avec la brillante postérité et la fortune critique que connaît « Ein feste Burg ist unser Gott », sa genèse reste obscure. La partition ne nous est parvenue que sous forme de copies, l’une ne comportant pas la partie des hautbois du cinquième mouvement et réalisée par Johann Christoph Altnikol, le gendre de Bach, l’autre transcrite (et amplement modifiée) par Wilhelm Friedemann Bach, le fils aîné du cantor.
Dans cette dernière, les mouvements 2 et 5 ont été remplacés par des parodies latines (respectivement « Gaudete, omnes populi » et « Manebit verbum Domini », ce dernier sur le texte de « Das Wort sie sollen lassen stahn » en lieu et place de « Und wenn die Welt voll Teufel wär ») et, surtout, le trio de hautbois des chœurs 1 et 5 a été renforcé de trompettes et de timbales. La Neue Bach Ausgabe (nouvelle édition Bach) a supprimé ce rajout instrumental, lequel figurait pourtant sur la première Bach Ausgabe de 1821, ce qui explique peut-être qu’il garde la faveur de moult enregistrement.

Une cantate plusieurs fois réemployée

Pour le vingt-troisième dimanche après la Trinité 1715 (dimanche Oculi, 24 mars 1715, Oculi étant le premier mot de l'introït de la messe du jour), alors qu’il était en poste à Weimar, Bach avait composé une cantate sur le poème « Alles, was von Gott geboren » que Salomo Franck avait écrit en s’inspirant de l’évangile de Luc. La musique de cette pièce (repérée BWV 80a dans la nomenclature) est perdue ; tout ce que l’on en sait est que la mélodie du choral « Ein feste Burg ist unser Gott » que Martin Luther avait composé en 1529 y apparaissait sous forme instrumentale en contrepoint de la première strophe de Franck, ce choral étant traditionnellement chanté lors du dimanche Oculi.

Ce dimanche Oculi étant le troisième du carême, la BWV 80a ne pouvait être reprise à Leipzig où Bach fut nommé cantor en 1723 ; en effet, le consistoire avait banni toute Musica figuralis de l’office pendant le temps du carême. Comme le poème de Franck était assez proche de « Ein feste Burg », et comme les lectures bibliques de la fête de la Réformation vantaient la force du fidèle exposé à Satan (ce qui n’est pas sans rappeler Luc XI, 14-28 : Jésus et Béelzéboul), Bach eut cependant l’idée de transformer sa BWV 80a pour l’adapter à la célébration du dimanche 31 octobre 1723 – année de sa prise de fonctions à Leipzig. L’œuvre (connue sous le nom de BWV 80b et dont nous ne savons que fort peu de choses) fut sans doute réécrite dans la précipitation et n’avait pas encore atteint la forme que nous lui connaissons : le premier mouvement était un sobre choral harmonisé à quatre voix, sans instruments concertants. De la partition de cette BWV 80b n’ont survécu que deux fragments : celui du premier choral, précisément, et un autre d’un aria de basse (2e mouvement de la BWV 80 « définitive ») dont le texte est inconnu.

Ce n’est qu’un an plus tard que Bach prit le temps de remanier profondément sa cantate. Dans la BWV 80 ainsi modifiée, on retrouve l'intégralité du texte de Franck (donc de la BWV 80a), auquel ont été rajoutées les quatres strophes du cantique de Luther :

BWV 80a

Texte de Salomo Franck

BWV 80

Texte de Martin Luther

 

1er mouvement

Ein feste Burg ist unser Gott

1er mouvement

Alles, was von Gott geboren

= 2e mouvement (basse)

 

2e mouvement (soprano)

Mit unser Macht ist nichts getan

2e mouvement

Erwäge doch, Kind Gottes

= 3e mouvement

 

3e mouvement

Komm in mein Herzenshaus

= 4e mouvement

 

5e mouvement

Und wenn die Welt voll Teufel wär

4e mouvement

So stehe denn bei Christi blutgefärbten Fahne

= 6e mouvement

 

5e mouvement

Wie selig sind doch die

= 7e mouvement

 

 

8e mouvement

Das Wort wie sollen lassen stahn.

Il n’est pas certain que la version que nous connaissons aujourd’hui soit celle de 1724 ; quelques détails stylistiques et la ressemblance du premier chœur avec celui de « Wär Gott nicht mit uns diese Zeit » (Si Dieu n'était pas avec nous en cette heure, BWV 14) semblent en effet indiquer que la partition a encore été retouchée entre 1728 et le milieu des années 1730, peut-être à l’occasion d’une reprise (il est à peu près certain que BWV 80 a été reprise le 31 octobre 1730). Ce point restera à jamais indécis puisque l’autographe est perdu.

Dans la forme que propose la Bach Ausgabe, le grandiose chœur d’entrée n’a conservé de celui de la BWV 80b que les paroles ; le jugement d’Alfred Dürr, qui n’hésite pas à dire que ce chœur constitue « à coup sûr le sommet de toute la production vocale de Bach bâtie sur le choral », a largement contribué à parer « Ein feste Burg ist unser Gott » de l’aura qui lui fait traverser les siècles.

Une œuvre contrastée

Le texte, amalgame de deux œuvres antérieures, ne respecte pas les moments schématiques de la rhétorique, moments qu’il serait vain de rechercher dans la musique. Le plan d’ensemble de « Ein feste Burg » fait toutefois apparaître clairement deux parties :

Le premier chœur adopte la forme d’un motet en cinq sections, les quatre premières reprenant deux vers du cantique de Luther et la cinquième reprenant le dernier. Chacune de ces parties est en fugue et s’achève par l’exposition de la mélodie du choral par le trio de hautbois (et, éventuellement, de trompettes) en canon avec l’orgue obligé, dont Bach a pris soin de préciser la registration (« Posaune 16’ », cornet de 16 pieds) afin d’être sûr qu’il sonne suffisamment. L’ensemble produit un effet saisissant : le chœur élabore un mur sonore sur le thème du cantique « Ein feste Burg » par imbrication serrée des voix de la fugue, puis les instruments concertants couronnent cette architecture de leurs hautes envolées sur le même motif, finalement repris par l’orgue en valeurs longues (blanches et rondes) et graves. Comment ne pas y voir le manteau, les créneaux et les fondations de la muraille ?

D’autres traits stylistiques s’interprètent de même dans le domaine symbolique : ainsi les quatre premiers vers de Luther (ceux qui traitent de la force divine) sont traités en fugue dense, les voix s’enchaînant rigoureusement dans une forme particulièrement compacte, tandis que les autres (qui parlent de Satan) adoptent une forme plus déliée, insistant sur « der alte böse Feind » (l’ancien ennemi diabolique) par la répétition d’une suite chromatique descendante, en un crescendo sonore faisant littéralement se dresser le Malin devant l'auditoire. L’ensemble de ce chœur est accompagné d’une partie de violoncelles dynamique, riche de contrastes tonals et rythmiques, qui agite le mouvement d’une rumeur de bataille.

Dans « Alles, was von Gott geboren », la basse proclame en vocalises d’allégresse la certitude de la victoire, opposant ses orgueilleux passages en coloratur à l’élan furieux des cordes en doubles croches et aux frictions du continuo, tandis que le soprano (assez librement doublé par le hautbois) couvre l’ensemble de la deuxième strophe du choral de 1529, comme si « Mit unser Macht ist nichts getan » (par notre pouvoir, rien ne s’accomplit) étendait un bouclier, une protection, par dessus la bataille que se livrent la basse soliste et les instruments.

Le récitatif « Erwäge doch, Kind Gottes » se conclut sur une esquisse d’arioso (technique que Bach employait régulièrement à Weimar, beaucoup plus rarement à Leipzig, et qui est certainement une relique de la BWV 80a). L’apaisement que constitue cette inclusion dans la première partie guerrière est confirmé par les départs en canon du soliste et du continuo, comme si l’entrain se communiquait de l’un à l’autre, et par la présence du trio de flûtes, symbolisant le chœur muet des anges comme dans tant d’autres œuvres du cantor.
Tout à la fin du  mouvement, « verbinde » (se lier) glisse précipitamment, mettant un terme à l’arioso en renouant avec la technique du récitatif.

L’aria « Komm in mein Herzenshaus » confirme toutes les annonces faites à la fin du récit précédent. L’âme (soprano) y déclare son aspiration au réconfort prodigué par le Christ, sur un air d’une grande pureté accompagné du seul continuo. L’aria évolue brusquement vers le récitatif quand le sopraniste chasse les atrocités du péché en répétant « Weg ! » (disparaissez !) comme s’il les mettait littéralement à la porte, en un geste déclamatoire contrastant fortement avec la douceur des vocalises descendantes sur « Komm in mein Herzenshaus » (viens dans la maison de mon cœur) qui ouvrent et ferment le mouvement.

Le puissant chœur « Und wenn die Welt voll Teufel wär » retrouve les accents guerriers du début, l’unisson des voix symbolisant l’unité des chrétiens au-dessus des envolées instrumentales aussi tumultueuses qu’apparemment désordonnées. Cette deuxième reprise monumentale du cantique luthérien fait pendant au chœur d’entrée pour refermer sur un rythme de gigue et en chant de marche la première partie de la cantate.

Les trois mouvements qui suivent tournent le dos à l’ambiance passionnée et combative des cinq premiers, et détonent à ce point qu’ils en semblent presque naïfs à nos oreilles souvent déchristianisées. Le bref récitatif est une suite concise de quatre récitatifs secco et d’ariosos (confinant au lyrisme guilleret sur « tritt freudig », « marche joyeusement »), en préparation à l’aria en duo dans lequel les deux solistes alternent quatre passages homophones (correspondant au début de chaque vers) et autant de canons (sur les fins de vers) pour achever de matérialiser la réconciliation annoncée. Ce délicat duo, dont l’harmonie s’élargit des tierces de « aussi bénis que soient ceux qui portent Dieu dans leur bouche » jusqu’aux profonds accords de sixtes de « le cœur l’est plus qui le porte dans sa foi » et dont le rythme s’assagit sur les deux derniers vers (on notera la tenue de « Es bleibet », « rester », dont le blei central dure neuf fois plus longtemps que les syllabes voisines), marque le retour à la félicité, une fois remportée la victoire.

Puis « ein feste Burg ist unser Gott » s’achève par un sobre choral harmonisé, rendant la musique à l’auditoire dans une forme familière.


 

 Texte en Allemand

 Texte en Français

1. Choral
Ein feste Burg ist unser Gott,
Ein gute Wehr und Waffen ;
Er hilft uns frei aus aller Not,
Die uns itzt hat betroffen.
Der alte böse Feind,
Mit ernst er’s itzt meint,
Groß Macht und viel List
Sein grausam Rüstung ist,
Auf Erd ist nicht seinsgleichen.

1. Choral
C’est une solide forteresse que notre Dieu,
Un robuste rempart et une arme efficace ;
Il nous aide à nous affranchir de toutes les misères
Qui nous frappent aujourd’hui.
L’ancien ennemi diabolique
N’a point changé d’idée ;
Grand pouvoir et force et ruse,
Telles sont ses armes cruelles,
Il n’est rien sur Terre qui lui ressemble.

2. Aria (Soprano, Basse)
B : - Alles, was von Gott geboren,
      Ist zum Siegen auserkoren.
S : - Mit unser Macht ist nichts getan,
      Wir sind gar bald verloren.
      Es streit’ vor uns des rechte Mann,
      Denn Gott selbst hat erkoren.
B : - Wer bei Christi Blutpanier
      In der Taufe Treu geschworen,
      Siegt in Christo für und für.
S : - Fragst du, wer er ist ?
      Er heißt Jesu Christ,
      Der Herre Zebaoth,
      Und ist kein andrer Gott,
      Das Feld muß er behalten.
B : - Alles, was von Gott geboren,
      Ist zum Siegen auserkoren.

2. Aria (Soprano, Basse)
B : - Tout ce qui est né de Dieu
      Est promis à la victoire.
S : - Par notre pouvoir, rien ne s’accomplit,
      Nous sommes très tôt perdus.
      Pour nous livre bataille l’homme juste
      Que Dieu lui-même a choisi.
B : - Celui qui sous la bannière de sang du Christ
      S’est engagé dans la fidélité par le baptême
      Triomphe dans le Christ pour les siècles des siècles.
S : - Demandes-tu qui il est ?
      Il se nomme Jesus Christ,
      Seigneur de Zebaoth,
      Et il n’est d’autre dieu
      Qui restera maître du terrain.
B : - Tout ce qui est né de Dieu
      Est promis à la victoire.

3. Récitatif (Basse)
Erwäge doch,
Kind Gottes, die so große Liebe,
Da Jesu sich
Mit seinem Blute dir verschriebe,
Wormit et dich
Zum Kriege wider Satans Heer und wider Welt und Sünde
Geworben hat !
Gib nicht in deiner Seele
Dem Satan und der Lastern statt !
Laß nicht dein Herz,
Den Himmel Gottes auf der Erden,
Zur Wüste werden !
Bereue deine Schuld mit Schmerz,
Daß Christi Geist mit dir sich fest verbinde !

3. Récitatif (Basse)
Contemple donc,
Enfant de Dieu, le si grand amour
Auquel Jésus
Par son sang t’a destiné,
Par lequel
Pour combattre les armées de Satan, le monde et ses péchés
Il t’a recruté !
N’accorde en ton âme
Aucune place à Satan ni au blasphème !
Ne laisse pas ton cœur,
Ce ciel de Dieu sur la Terre,
Se changer en désert !
Repens-toi et afflige-toi de tes fautes
Afin que l’esprit du Christ se lie solidement à toi !

4. Aria (Soprano)
Komm in mein Herzenshaus,
Herr Jesu, mein Verlangen !
Treib Welt und Satan aus
Und laß dein Bild in mir erneuert prangen !
Weg, schnöder Sündengraus,
Komm in mein Herzenshaus,
Herr Jesu, mein Verlangen !

4. Aria (Soprano)
Viens dans la maison de mon cœur,
Seigneur Jésus en qui j’espère !
Chasse le monde et Satan
Et fais que ton image jaillisse à nouveau en moi !
Disparaissez, odieuses atrocités du péché !
Viens dans la maison de mon cœur,
Seigneur Jésus en qui j’espère !

5. Choral
Und wenn die Welt voll Teufel wär
Und wollten uns verschlingen,
So fürchten wir uns nicht so sehr,
Es soll uns doch gelingen.
Der Fürst dieser Welt,
Wie saur er sich stellt,
Tut er uns doch nicht,
Das macht, er ist gericht’,
Ein Wörtlein kann ihn fällen.

5. Choral
Et même si le monde n’était qu’un vaste enfer
Qui voulait nous engloutir,
Nous n’aurions pas grand-peur,
Car nous sommes promis à le vaincre.
Le prince de ce monde,
Si acide soit-il,
Ne nous atteint pas,
Car il a été jugé,
Un seul mot peut l’abattre.

6. Récitatif (Ténor)
So stehe denn
Bei Christi blutgefärbten Fahne,
O Seele, fest
Und glaube, daß dein Haupt dich nicht verläßt,
Ja, daß dein Sieg
Auch dir den Weg zu deiner Krone bahne !
Tritt freudig an der Krieg !
Wirst du nur Gottes Wort
So Hören als bewahren,
So wird der Feind gezwungen auszufahren,
Dein Heiland bleibt dein Hort !

6. Récitatif (Ténor)
Reste donc
Sous la bannière du sang du Christ,
O âme, fidèlement,
Et sache que ton chef ne t’abandonne pas,
Que sa victoire, oui,
Ouvre aussi devant toi la voie du couronnement !
Marche joyeusement au combat !
Si la seule parole de Dieu
Tu observes et tu conserves,
L’ennemi sera contraint à fuir,
Ton sauveur demeure ton refuge !

7. Aria (Alto, Ténor)
Wie selig sind doch die, die Gott in Munde tragen,
Doch selger ist das Herz, das ihn im Glauben trägt !
Es bleibet unbesiegt und kann die Feinde schlagen
Und wird zuletzt gekrönt, wenn es den Tod erlegt.

7. Aria (Alto, Ténor)
Aussi bénis que soient ceux qui portent Dieu dans leur bouche,
Le cœur l’est plus qui le porte dans sa foi !
Il reste invaincu et peut frapper ses ennemis
Et sera finalement couronné quand il triomphera de la mort.

8. Choral
Das Wort sie sollen lassen stahn,
Und kein Dank dazu haben.
Er ist bei uns wohl auf dem Plan
Mit seinem Geist und Gaben.
Nehmen sie uns das Leib,
Gut, Ehr, Kind und Weib,
Laß fahren dahin.
Sie haben kein Gewinn ;
Das Reich muß uns doch bleiben.

8. Choral
Ceux qui ne respectent pas la Parole
Ne reçoivent aucune récompense.
Il est tout près de nous sur le champ de bataille
Avec son esprit et ses dons.
Qu’ils nous prennent corps,
Honneurs, biens, enfants et femme,
Qu’ils nous expédient dans l’au-delà.
Ils n’y gagneront rien ;
Le royaume nous restera acquis.

 
© Christophe Chazot, 2003
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